Zoom sur les microbes

Ces microbes qui infectent les humains


Virus de l’immunodéficience humaine (VIH)

Virus de l’immunodéficience humaine (VIH)

© Robert Alain, SME, INRS-Institut Armand-Frappier

Nom de l’espèce : le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) fait partie du genre lentivirus et de la famille des Retroviridae.

Nom de la maladie : le syndrome d’immunodéficience acquise (sida)

Historique de la maladie

Passé : en 1978, le Centre de contrôle des maladies situé à Atlanta observe chez un certain nombre de personnes une pneumonie et un type de cancer très rare, le sarcome de Kaposi. Ces patients montrent de plus une déficience dans la réponse immunitaire qui se traduit par une sensibilité accrue aux diverses infections et la baisse d’un certain type de cellules appelées les lymphocytes T. C’est en 1981 que cette maladie fut identifiée comme étant le sida. La maladie semble avoir commencé à se répandre dans les années 1950 en Afrique centrale. Un virus, qui pourrait être l’ancêtre du virus du SIDA, a été isolé chez des singes verts d’Afrique.

Présent : en 2011, on estime à 34 millons le nombre de personnes atteintes du VIH dans le monde. Au Canada, en 2011, entre 2 250 et 4 100 nouveaux cas d'infection à VIH ont été notés. En 2010, dans la population québécoise, il y a eu 318 nouveaux cas recensés.

Mode d’action du microbe : le virus pénètre dans l’organisme et s’attache à certaines cellules du système immunitaire appelées lymphocytes T. Le virus pénètre à l’intérieur de ces cellules et s’y multiplie. Les cellules infectées meurent, laissant ainsi le système immunitaire dépourvu d'un des combattants les plus importants dans la protection de l’organisme contre les maladies. C’est pourquoi les individus atteints du VIH sont sensibles à toutes sortes de maladies, dites opportunistes, habituellement non dangereuses pour l’organisme.

Symptômes de la maladie : En 1996, 24 mois après le diagnostic de maladie opportuniste caractérisant le stade sida, 67 % des patients étaient vivants ; en 1998, ce pourcentage s’élevait à 77 %. Cet accroissement de la survie est imputable à l’amélioration des traitements contre l’infection à VIH et contre les maladies opportunistes ainsi qu’à une généralisation de l’emploi de ces traitements.

Période d’incubation : variable. Un à trois mois sont habituellement nécessaires pour détecter la présence d’anticorps contre le virus dans le sang. Les symptômes apparaissent généralement entre un et quinze ans après l’infection au VIH.

Période de transmissibilité : la période de transmissibilité est inconnue, mais plusieurs chercheurs croient qu'elle débute immédiatement à la suite de l’infection et dure toute la vie.

Réservoir : les humains

Propagation : relations hétérosexuelles et homosexuelles, par le sang (transfusions sanguines, échanges de seringues contaminées chez les toxicomanes). Une transmission de la mère à l’enfant est aussi possible durant l’accouchement ou par l’allaitement.

Découvreur de l’espèce : Montagnier et Gallo en 1983

Traitement de la maladie : il n’existe pas de remède miracle contre cette maladie. Cependant, certains médicaments permettent d’améliorer et de prolonger la vie du patient. Certaines molécules agissent effectivement sur le virus en l’empêchant de se multiplier. Il s’agit d’inhibiteurs de trois enzymes virales : la transcriptase inverse, la protéase virale et l’intégrase, dont l’utilisation conjuguée s’appelle la trithérapie.

Distribution de l’espèce : partout à travers le monde

Prévention : utilisation de condom de latex en cas de partenaires sexuels multiples ou d’un partenaire ayant un comportement à risque Vérification par dépistage auprès du partenaire sexuel. Utilisation de seringues et d’aiguilles stériles lors de l’utilisation de drogues intraveineuses. Dépistage chez la femme enceinte durant la grossesse.

Vaccin : non disponible

Autres : il existe deux types de VIH, soit le VIH-1 et le VIH-2. La maladie causée par le VIH-2 est beaucoup moins grave que celle causée par le VIH-1. Le VIH infecte préférentiellement les lymphocytes T CD4+ humains. Le récepteur pour le virus est le CD4+ et le co-récepteur est le CXCR4. Certains individus sont résistants ou présentent une progression ralentie de la maladie. Chez ces personnes, il y a une mutation du gène de la molécule CCR5, CXCR4, CCR2 ou SDF-1.

Bien que le virus ait occasionnellement été retrouvé dans la salive, les larmes et l’urine, on n’a rapporté aucune transmission par ces sécrétions.