Armand Frappier : pionnier de la médecine préventive

Ses études

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© Musée Armand-Frappier
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Manipulations de laboratoire par le docteur FrappierVidéoVidéo
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À six ans, Armand entre à l’école chez les sœurs de la Providence. Son père l’oblige à redoubler sa quatrième année, car il juge alors ses notes insuffisantes. Armand fait ensuite son cours classique au Séminaire de Valleyfield et termine parmi les premiers de sa classe.

Un choix de carrière marqué par la douleur

Au collège, dès ses premiers cours d’initiation à la chimie, Armand Frappier se découvre une passion pour cette science. Il aménage même un laboratoire dans l’étable à l’arrière de la maison, où il peut à loisir faire des expériences. Il pense avoir trouvé sa voie. Malheureusement, une ombre plane sur la vie et la famille d’Armand Frappier : la tuberculose. Faute d’un vaccin pour prévenir la maladie et de traitements pour la guérir, Armand Frappier voit mourir sa mère, en mai 1923, emportée par cette maladie à l’âge de 40 ans. Il n’a alors que 19 ans. Cette lourde perte s’ajoute à celle de son petit frère et de sa grand-mère, décédés de la même maladie. En plus, durant cette période, d’autres membres de sa parenté dont il est proche meurent. Il qualifie ces décès de « période noire d’épreuves ». Armand Frappier ne sera pas chimiste, mais médecin.

Ses études en médecine à l’Université de Montréal

En 1924, après avoir terminé ses études au Collège de Valleyfield et obtenu un baccalauréat ès arts, il s’inscrit à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal. À partir de ce moment et durant toute sa vie, il poursuivra son combat contre cette « tueuse de maman », la tuberculose.

En juin 1930, après cinq années d’études et de labeur, il obtient enfin son diplôme de médecin. Mais il lui reste encore un long chemin à parcourir avant de réaliser son rêve: faire de la recherche. Pour acquérir une meilleure connaissance des sciences de base, il s’inscrit immédiatement, pour un an, à des certificats en chimie biologique, en chimie physique et en mathématiques.

Une rencontre qui oriente sa carrière en 1931

« Un jour que je conversais avec le professeur de physiologie, le docteur Élie Asselin, il me dit : " Si vous voulez trouver une solution à la tuberculose, ce n’est pas avec la chimie que vous y arriverez, c’est avec la microbiologie. " Deux jours plus tard, j’allai remettre mon destin entre les mains du doyen de médecine, le docteur Télesphore Parizeau, qui me reçut à bras ouverts. Il m’aida à obtenir une bourse de la fondation Rockefeller pour aller étudier aux États-Unis. »

Le docteur Télesphore Parizeau était lui-même un ancien élève de l’Institut Pasteur de Paris.

Le Québec des années 30 ne peut offrir une formation approfondie à ses diplômés. Le jeune docteur Frappier ira donc chercher ailleurs – là où le développement de la science commence à s’accélérer – toutes les connaissances dont il a besoin pour s’attaquer à la tuberculose.

Ses études à l’Université de Rochester

Au début des années 30, une bourse de la fondation Rockefeller lui ouvre les portes des laboratoires américains. C’est à l’Université de Rochester N.Y., financée par Kodak, riche et bien équipée qu’Armand Frappier se rend pour étudier la microbiologie. Par rapport à l’Université de Montréal, pauvre, vétuste, peu développée sur le plan de la recherche, le contraste est énorme. Mais Armand Frappier ne se décourage pas : au contraire, il se dit qu’il aura un stimulant défi à relever pour améliorer les choses, à son retour chez lui! Pendant cette période d’apprentissage aux États-Unis, il séjourne dans les laboratoires de microbiologie de plusieurs chercheurs renommés, parmi lesquels plusieurs s’opposent vivement au vaccin BCG.

Son voyage à l’Institut Pasteur

Le BCG, mis au point à l’Institut Pasteur de Paris, est le premier vaccin vivant atténué auquel on a recours. Les Américains, le docteur Petroff en tête, sont peu favorables à son usage généralisé. Ils craignent qu’avec le temps, le bacille ne retrouve sa virulence (son pouvoir de provoquer la maladie). Même après des décennies d’utilisation sans aucun problème, la crainte du BCG persistera aux États-Unis.

Le docteur Petroff, fortement en désaccord avec l’emploi du BCG, mourra lui-même de tuberculose. Le docteur Frappier fait un stage dans son laboratoire en 1932.

Lorsque le docteur Frappier arrive à l’Institut Pasteur, le BCG est employé depuis huit ans avec succès. Les expériences menées par le docteur Nègre, après celles de Calmette et de Guérin, prouvent que le vaccin est efficace et inoffensif, et que la grande peur des Américains de voir réapparaître la virulence est sans fondement. Le voici rendu aux sources mêmes de la microbiologie et de la lutte contre la tuberculose. C’est là toute une expérience pour le docteur Frappier, car c’est à cette époque qu’il apprend à produire le vaccin BCG. Convaincu d’avoir enfin une arme efficace contre la tuberculose, le docteur Frappier revient au pays avec un très précieux bagage : un flacon contenant la souche du fameux BCG!

« Après une traversée au cours de laquelle le transatlantique Carinthia avait essuyé une tempête telle que l’eau entrait par les fenêtres du salon, nous sommes arrivés à Montréal le 1er janvier 1933. »

« Au cours de ces études à l’étranger, je m’étais non seulement ouvert l’esprit, mais familiarisé avec les problèmes de la méthode expérimentale. Je m’étais fait des amis de mes maîtres et ils m’avaient assuré de leur aide. J’ai suivi leurs conseils et je les ai fréquentés jusqu’à leur mort. Je rapportais avec moi une souche de BCG de l’Institut Pasteur ».

Ses études postuniversitaires

Il poursuit ses études postmédicales en prenant des cours de mathématiques avancées, de biologie et de chimie biologique. Il obtient, au début de 1933, sa licence ès sciences de l’Université de Montréal, composée de trois certificats d’études.

En 1933, le docteur Frappier est le premier chercheur sollicité par le Conseil national de recherches du Canada, à titre de premier chercheur nord-américain, pour confirmer la qualité et l’efficacité du vaccin BCG en plus d’élaborer un procédé de fabrication sécuritaire. L’Institut Pasteur confie alors au docteur Frappier une souche du BCG, qu’il apporte au Canada afin de fabriquer un vaccin vivant, mais atténué. Le docteur Frappier est le défenseur de l’application rationnelle de la vaccination antituberculeuse par le BCG au Canada.